TRANSFERT ET CONTRE TRANSFERT

DIANA ET JACQUES BOUHSIRA (S.P.P.)

(Traduzione italiana in fondo all’articolo)

Pour vous présenter la psychanalyse française ,non lacanienne ,d'obédience freudienne nous avons choisi de l'aborder par le biais des concepts de transfert et contre transfert . Nous ne pourrons bien sur pas prétendre vous brosser un panorama complet, mais nous espérons que nous pourrons vous donner un aperçu qui vous permettra de nous situer en comparaison à d'autres mouvements psychanalytiques que vous connaissez .
Tout d'abord quelques définitions de ces concepts articulés à notre pratique et ensuite quelques exemples cliniques .
Le transfert selon Laplanche et Pontalis dans le vocabulaire de la psychanalyse: Désigne, en psychanalyse, le processus par lesquels les désirs inconscients s'actualisent sur certains objets dans le cadre d'un certain type de relation établi avec eux et éminemment dans le cadre de la relation analytique.
Il s'agit là d'une répétition de prototypes infantiles vécus avec un sentiment d'actualité marqué.
C'est le plus souvent le transfert dans la cure que les psychanalystes nomment transfert, sans autre qualificatif.
Le transfert est classiquement reconnu comme le terrain où se joue la problématique d'une cure psychanalytique, son installation, ses modalités, son interprétation et sa résolution caractérisant celle-ci.
Ce qui est d'abord désigné dans cette définition est la déplacement de désirs inconscients sur certains objets. Ils s'expriment et se déguisent par exemple dans le rêve à travers le matériel fourni par les restes préconscients de la veille...
A l'origine, le transfert n'est pour Freud, au moins sur le plan théorique, qu'un cas particulier de déplacement de l'affect d'une réprésentation à une autre. Si la réprésentation de l'analyste est choisie de façon privilégiée, c'est à la fois parce qu'elle constitue une sorte de "reste diurne" toujours à la disposition du sujet, et parce que ce type de transfert favorise la résistance, l'aveu du désir refoulé étant rendu particulièrement difficile s'il doit être fait à la personne qu'il vise.
Les transferts sont des re-impressions de copies de motions et de fantasmes qui doivent êtres évéillés et rendus conscient à mesure des progrès de l'analyse; ce qui est caractéristique de leur espèce c'est la substitution de la personne du médecin à une personne antérieurement connu. Freud indique qu'ils ne constituent des alliés pour la cure qu'à la condition d'être détruits et expliqués un à un. Ainsi en va-t-il de l'oedipe, de l'ambivalence, de la conflictualité, des imagos. Ce qui conduit Freud à définir la névrose de transfert qui prendra la place de la névrose personnelle et qui sera ainsi plus accessible au travail thérapeutique.
Ce que nous illustrerons avec une petite vignette clinique:
Une jeune patiente devant s'absenter de ses séances durant deux semaines me fait par de son désir de me payer deux semaines de séances et me demande le prix de sa séance en Euro. Je lui répond, elle me fait un chèque , me le donne et s'en va. Je suis surprise de voir qu'elle m'a fait un chèque par le montant d'une séance (prix que je lui avais donné). J'associe alors sur un matériel infantile d'une des dernieres séances, où elle se montrait victime impuissante du conflit financier, entre ses parents séparés ,autour de la pension alimentaire. Ainsi son père lui donnait une petite partie de la somme due, la laissant attendre de deux à trois semaines pour le reste. Quand elle revient deux semaines plus tard confondue en excuses, s'appuyant sur le passage à l'euro pour expliquer sa confusion et parlant de faute, je me permets alors de lui dire: qu'elle a sûrement voulu me faire ressentir ce que son père lui faisait vivre étant enfant quand il lui donnait de l'argent. On peut beauxoup travailler ce cas. Mais là il nous sert seulement à expliciter le déplacement du conflit infantile qui une fois mis à jour permet une ouverture dans le processus de la cure et d'enrayer la répétition agie dans le transfert.
Cette compulsion de répétition s'exprime dans le transfert quand le travail de la cure vient à sa rencontre en relachant le refoulement (Freud: Au Délà du Principe du Plaisir) où il dit de la reproduction dans le transfert qu'"elle survient avec une fidelité non désirée et qu'elle a toujours pour contenu un fragment de la vie sexuelle infantile, donc du complexe d'oedipe et de ses ramifications..." elle ne fera que dégager l'idée que dans le transfert s'actualise l'essentiel du conflit infantile.
Une des contributions importantes de l'école française due à Catherine Parat est la notion de transfert de base. Ciment de la cure qui permet aux orages transferentiels de ne pas détruire la rélation.
C'est un transfert non dit, non objectal, et souvent non-interprêté. C'est une relation de confiance positive, qui porte les espérances de guérison et de connaissance de soi. C'est un appui pour explorer l'histoire et sa propre vie ainsi qu'une croyance dans le cadre analytique. Ce transfert de base, abritant les attentes narscissiques, est aussi un moteur dynamique, souvent à l'origine de transformations économiques majeures. Appui libérateur d'énergie qui permet la levée d'enjeux narcissiques qui sont des obstacles à la relation transferentielle et au travail de la cure.
L'on sait que dans Au delà du Principe de Plaisir, la repétition dans le transfert est une des données invoquées par Freud pour justifier la mise au premier plan de la compulsion de répetition: dans la cure sont répétées des situations, des émotions ou finalement s'expriment l'indestructibilité du fantasme inconscient.
Repétition dans le transfert ne doit pas être pri dans un sens realiste, comme des relations effectivement vécues , ce qui est transferé c'est la réalité psychique, les désirs inconscients et les fantasmes connexes. En d'autres mots, il s'agit d'équivalents symboliques et pas de repetition à la lettre.
Ainsi l'interpretation est acceptée quand le transfert agissant comme suggestion confère à l'analyste une autorité privilégiée; on peut ici souligner plusieurs points qui étayent le rôle de l'analyste comme autre dans la cure:
l) Dans le prolongement de la sesconde théorie de l'appareil psychique, la cure psychanalytique venant fournir lieu où le conflit intra-subjectif, eux-mêmes réliquats de l'enfance, réelle ou fantasmatique, vont à nouveau se manifester dans une relation ouverte à la communication. C'est tout le jeu des identifications (en rapport à la place qu'occupe l'analyste qui va trouver là l'occasion de se délier, se déployer).
2) La mise en valeur de notions de relation d'objet s'attache à voir à l'oeuvre dans la relation de transfert les modalités privilegiées des
relations du sujet à ses différents types d'objet (partiels ou totaux).
3) L'accent sur la valeur particulière que prend la parole dans la cure, donc dans la relation transferentielle. Freud , quand il parle de la verbalisation, oppose le transfert (rangé dans la rubrique d'une mise en acte) à la remmémoration, répetition comme experience vécue. On peut se demander si cette opposition nous aide à reconnaître le transfert dans sa double dimension d'actualisation du passé et de déplacement sur la personne de l'analyste.
4) La cure et le cadre analytique disposent , favorisent le transfert.
Le transfert prendra bien sûr différentes formes en foncion du sexe, de l'âge et de la pathologie du patient. Une dimension importante de la cure sera l'apprentissage que l'analyste devra faire du transfert déployé à son égard par tel patient. Transfert qui est souvent inconscient et qui peut s'élucider grâce à l'analyse des éléments contre-transferentiels de l'analyste. Les émotions contre-transferentielles renseignent l'analyste dans l'élaboration consciente de l'investissement affectif inconscient du patient.
Vignette clinique
Une jeune femme après deux entretiens avant les vacances me dépose son histoire traumatique et me fait part de son intention de me recontacter après les vacances. C'est une femme dynamique, pleine de projets, belle qui semble bien gérer sa vie. En septembre, je me surprends ,moi-même ayant un planning très chargé, a penser à elle, allant jusqu'à l'appeler pour lui demander qu'elles sont ses intentions. Acte qui ne m'est jamais arrivée auparavant. Elle est très soulagée et nous convenons d'un rendez-vous. Quelques jours plus tard elle m'appelle dans la détresse, pour me demander un rendez vous d'urgence. Je retrouve alors une jeune femme dans un état mélancolique suicidaire que je dois hospitaliser d'urgence. Mon contre-transfert inconscient m'avait averti du danger.
L'on peut dire classiquement que le transfert précede le contre-transfert, et qu'il est l'influence du patient sur les sentiments inconscients de l'analyste. Certains auteurs aujourd'hui entendent par contre-transfert tout ce qui de la personnalité de l'analyste, peut intervenir dans la cure.
Mais nous pensons que le contre-transfert va beaucoup plus loin que l'immediateté du sujet analyste. L'étude de la notion de contre-transfert est devenue centrale pour beaucoup d'auteurs. Il constitue une réponse inconsciente de l'analyste au transfert inconscient du patient.
C'est donc le nouvel interêt pour la communication d'inconscient à inconscient qui conduit aussi beaucoup d'analystes à théoriser au delà de la névrose, s'aventurant vers des zones limites de la psyché ou le travail du contre-transfert nous renseigne sur des mécanismes de communications qui vont au délà du verbal pour approcher l'infra verbal et les zones infantiles profondement refoulées.

Ainsi Cesar et Sara Botella ont théorisé sur le travail de Figurabilité de l'analyste qui se déroule à certains moments de la cure, travail hallucinatoire et regressif de l'analyste qui permet souvent de percevoir ces zones obscures de la Psyché et de les mettre à jour par une élaboration et une ressaisie historique.
Michel De M'Uzan pour sa part a beaucoup travaillé "la chimère", mâtrice psychique profonde qu'il a pu aborder dans un état de depersonnalisation où lui viennent des imâges et des mots bizarres, qui lui font intérpreter de manière surprenante à lui-même. Travail sur la paradoxalité qui utilise des zones psychiques profondes de l'analyste mais sans jamais qu'il ait à se réveler en tant que sujet. Nous ne sommes pas là dans des rapports inter-subjectifs avec le devoilement de l'intimité de l'analyste tel qu'il est proné par cette école.
Joyce Mac Dougall dans "Le Théatre du jeu" et dans "l'anti-analysant", travaille aussi sur ces zones limites de la psyché où le langage n'a pas encore prise mais où le sexuel infantile prend toute sa dimension et peuvent être communiquer.
L'écoute contre-transferentielle de cette communication primitive du patient lui permet d'aborder tous ces cas impossibles.
André Green , pour sa part, à partir de la négativité qui imonde le contre-transfert de l'analyste, et la souffrance qui l'accompagne a ouvert des voies par rapport à toute la dimension du négatif dans la psyschanalyse. Negatif qui part de l'absence (Mère morte) de representation d'objet , des hallucinations sans objet (hallucinations négatives) et du refus de penser pour certains patients. Mise en perspective d'un travail du négatif qui permet d'entendre des patients limites, nouveaux analysants loins de la névrose classique. Poussant ainsi plus loin les concepts de Freud (négatif et psychosomatique).
Par ailleurs, l'école Française de Psychosomatique a théorisé ce négatif projecté dans le soma. L'analyste pour ce type de patient mettra son pre-conscient à disposition du patient, pour l'aider à élaborer une depression essentielle et un refus du fonctionnement psychique qui est souvent la cause de la maladie en jeu.
Voilà certaines idées condensées car les développements seraient trop longs et malheureusement ici nous pouvons seulement ouvrir certaines portes qui serviront nous pensons à établir un dialogue entre nous. Nous avons voulu aussi vous presenter un exemple clinique pour échanger au niveau de la technique. C'est à dire comment nous nous employons concretèment dans le temps d'une séance à interpreter le transfert ou plus generalement comment nous suivons un patient autour d'une séance.

VENISE LE 28/02/2002

Transfert e controtransfert

Per presentare la psicoanalisi francese –non lacaniana- di orientamento freudiano, abbiamo scelto di esporla dal punto di vista dei concetti di transfert e controtransfert. Non abbiamo la pretesa di esporvi un panorama completo della nostra concezione, ma abbiamo la speranza di potervi dare una immagine che permetta di situarci in un confronto con altri movimenti psicoanalitici che voi conoscete.
Vorremmo iniziare esponendo alcune definizioni dei concetti che articolano la nostra pratica e poi alcuni esempi clinici.
Il transfert, secondo Laplanche e Pontalis nel Vocabolario della Psicoanalisi, indica quel processo secondo il quale il pensierio inconscio si attualizza con certi oggetti nell’inquadramento stabilito sostanzialmente nel rapporto analitico.
Si tratta di una ripetizione di prototipi infantili vissuti con una marcata sensazione di attualità. Il transfert è classicamente riconosciuto come il terreno dove si giocano le problematiche della cura psicoanalitica, del suo instaurarsi, delle sue modalità, della sua interpretazione e risoluzione.
Ciò che viene designato con questa definizione è lo spostamento del desiderio inconscio su certi e determinati oggetti. Il desiderio si manifesta e maschera per esempio nel sogno, attraverso i materiali dei resti preconsci della veglia.
All’inizio il transfert, per Freud, non era altro –per lo meno sul piano teorico- che un caso particolare di spostamento dell’affetto da una rappresentazione ad un’altra. Se la rappresentazione che il paziente ha dell’ analista è scelta in un modo privilegiato, è dovuto a che questa rappresentazione costituisce una sorta di ‘resto diurno’ a disposizione del soggetto, e anche perché questo tipo di transfert favorisce la resistenza ad accettare un desiderio rimosso, particolarmente difficile da esprimere se deve essere confessato alla persona interessata.
I transfert sono la re-impressione di moti pulsionali e di fantasmi che devono essere risvegliati e resi consci man mano che progressa l’analisi. Quello che li caratterizza è il sostituire la persona dell’analista con una persona conosciuta nel passato. Freud dice che il transfert non è un alleato della cura, a condizione che non sia spiegato e distrutto volta per volta. Nella stessa maniera parla dell’Edipo, dell’ambivalenza, della conflittualità, delle imago. E’ quello che porta a Freud a definire la “nevrosi di transfert”, che prenderà il posto della nevrosi personale del paziente e che sarà così più accessibile al lavoro terapeutico.
Vogliamo esemplificare con una vignetta clinica:
Una giovane paziente si doveva assentare dalle sedute per due settimane e mi espresse il suo desiderio di pagarmi queste sedute. Mi chiese allora qual’era il prezzo delle sedute in Euro. Io le risposi, lei mi fece un assegno e andò via. Con mia sorpresa vidi poi che aveva fatto l’assegno con una cifra che corrispondeva al prezzo di una seduta in Euro. Io associai allora sul materiale infantile di una delle ultime sedute, dove lei si sentiva vittima impotente di fronte ai conflitti finanziari tra i suoi genitori, separati, attorno alla mensilità che il padre doveva dare a lei e a sua madre. Di solito suo padre consegnava una piccola somma all’inizio del mese, e poi dovevano forse attendere tre settimane per ricevere il resto. Quando la paziente ritornò due settimane dopo, si confuse in tante scuse e si accusò dell’errore fatto, dovuto sicuramente, sosteneva, ai problemi di traduzione da franchi a Euro. Mi sono permesso allora di dirle che lei aveva sicurmente voluto farmi sentire quello che suo padre le aveva fatto sentire quando doveva dargli del denaro.
Si potrebbe dire ancora molto su questo caso, ma ci serve solo per mostrare lo spostamento del conflitto infantile che una volta attualizzato permette una apertura considerevole del processo della cura e di mettere fine alla ripetizione agita nel transfert.
Questa compulsione alla ripetizione si manifesta nel transfert quando il lavoro analitico gli viene incontro e gli permette di superare la rimozione. Freud in “Al di là el principio del piacere” parla della riproduzione nel transfert “…che si riproduce con una fedeltà non desiderata e che ha sempre un frammento della vita sessuale infantile, dunque il Complesso di Edipo e le sue ramificazioni…”, e questo non fa che mettere in evidenza l’idea che nel Complesso di Edipo si attualizza l’essenziale del conflitto infantile.

Uno dei contributi importanti della scuola francese, dovuto a Catherine Parat, è la nozione di ‘transfert di base’ come cemento della cura che permette alle tempeste transferali di non distruggere la relazione. E’ un transfert non nominato, non oggettuale e spesso non interpretabile. E’ un rapporto di fiducia positiva che contiene le speranze di guarigione e di conoscenza di sé stessi. E’ un punto di appoggio per esplorare la storia della propria vita in una fiducia nell’inquadramento psicoanalitico. Questo ‘transfert di base’ porta dentro di sé le attese narcisistiche ed è anche un motore dinamico, spesso all’origine di ulteriori trasformazioni economiche. E’ un liberatore di energia che permette di mettere di lato i giochi narcisistici che ostacolano la relazione transferale e il lavoro analitico.
Si sa che in “Al di là del principio del piacere”, la ripetizione nel transfert è uno dei fattori invocati da Freud per giustificare di mettere in primo piano la compulsione alla ripetizione: nella cura si ripetono situazioni, emozioni e si esprime infine l’indistruttibilità del fantasma inconscio.
La ripetizione nel transfert non deve essere inteso in senso concreto, come facendo riferimento a dei rapporti realmente vissuti. Ciò che si trasferisce è la realtà psichica, i desideri inconsci e i fantasmi connessi. In altre parole: si tratta di ‘equivalenze simboliche’ e non di ripetizioni letterali.
Un altro esempio clinico:
Una giovane paziente, dopo due colloqui con me prima delle vacanze, mi depone la sua storia traumatica e mi fa sapere che ha intenzione di ricontattarmi dopo le vacanze. E’ una donna dinamica, piena di progetti, bella e sembra saper gestire la sua vita. A settembre mi scopro pensando (preoccupato) a lei, anche se la mia agenda di appuntamenti era già molto carica, arrivando al punto di telefonarle per poter sapere che intenzioni aveva. Una cosa che non avevo mai fatto prima. Lei si sente molto confortata e conveniamo un appuntamento. Qualche giorno più tardi mi telefona disperata per chiedermi un incontro urgente. Questa volta mi ritrovo con una donna in uno stato malinconico suicidario che devo ricoverare d’urgenza. Era chiaro che il mio controtransfert inconscio mi aveva avvertito del pericolo.
Classicamente si dice che il transfert precede il controtransfert e che consiste nell’influenza del paziente sui sentimenti inconsci dell’analista. Alcuni autori oggi intendono per controtransfert tutto quello che della personalità dell’analista interviene nella cura.
Noi pensiamo che il controtransfert va molto più in là della immediatezza del soggetto analista. Lo studio della nozione di controtransfert è diventato molto più centrale per molti autori. Si considera che costituisce una risposta inconscia dell’analista al transfert inconscio del paziente. Da qui il nuovo interesse per la comunicazione da inconscio a inconscio che porta a molti analisti a teorizzare al di là della nevrosi, analisti che si avventurano verso le zone limite della psiche dove il lavoro del controtransfert ci fa capire i meccanismi di comunicazione che vanno al di là del verbale, per approdare all’infra-verbale e nelle zone infantili profondamente rimosse.

E’ così che i nostri colleghi Cesar e Sara Botella hanno teorizzato sul lavoro della Raffigurabilità (Figurabilité)–che trasforma nell’apparato psichico le sensazioni in rappresentazioni- dell’analista che si sviluppa in alcuni momenti della cura, lavoro allucinatorio e regressivo dell’analista che spesso permette di recepire le zone scure della psiche, di fare emergere un’elaborazione e riafferrare la storia.
I Botella utilizzano la via più lunga per accogliere il materiale del paziente. Non interpretano il materiale immediato del paziente, perché potrebbe essere di ostacolo all’emergenza delle zone psichiche pre-verbali e della loro manifestazione nella regressione formale in seduta. E’ una funzione allucinatoria di entrambi, analista e paziente, che sarà privilegiata per permettere il lavoro della raffigurabilità (la cui assenza è traumatica) ma soprattutto per accedere alle zone psichiche rimosse. L’ideale sarebbe che la seduta assomigli a un residuo del sogno dove gli elementi da interpretare non saranno immediatamente quelli in relazione al desiderio del sogno stesso, bensì a piccoli indizi di sogni che possono essere rivelatori di conflitti psichici infantili più profondi.
Un altro esempio: un momento di un lavoro clinico “in doppio”.
Durante una seduta con una paziente sono invaso dal torpore, anche se continuo ad ascoltare ciò che sta dicendo, finchè ho una immagine allucinatoria: quella di un cesto di vimini pieno di reti di pescatori molto colorate e fosforescenti: blu, verde, rosso, giallo. Esco dal mio torpore con un soprassalto.
Nella seduta dopo la paziente mi dice che, nella seduta precedente, mi aveva sentito lontano. Si difende contro qualcosa che non capisce. Ha paura di vedermi e che io la veda. Mentre veniva alla seduta aveva camminato rasente i muri delle case, con il fantasma che io avrei potuto vederla “come Dio che tutto lo vede”.
Nella seduta dopo mi racconta di un incubo dove sua nonna, morta nel 1985 era ancora viva e sputava qualcosa di sanguinolento grande come una testa d’uomo. Le sue prime associazioni la portano a evocare la ripulsione che lei sentiva quando sua madre la obbliga ad aiutare sua nonna a uccidere i conigli. Questo le ricordava un macellaio del suo paese e a sua moglie, “una vera pazza con i coltelli”. Dopo una piccola interruzione, dove le faccio notare che quando un chirurgo è pessimo gli si dice che è un macellaio, lei associa alla sua operazione di utero e che la massa sanguinolenta nella bocca di sua nonna può rappresentarla.
In un’altra seduta, mentre ricorda in dettaglio la sua gravidanza difficile, la sua isterettomia, io ho una sensazione di distacco –meno intenso della prima volta- con la testa di un uomo di 60 anni. Capisco allora, per la prima volta, che la mia immagine allucinatoria della cesta di vimini può rappresentare il suo utero levato.
Nel momento che esco dal torpore la sento che racconta di un litigio con suo marito a proposito di suo figlio, e poi mi racconta di un altro sogno dove questa volta appare la nonna materna, morta nel1992, messa in un sacco, ma che continua a vivere. Si vede sua madre, sempre nel sogno, rossa in viso e come assente. Ricorda come sua madre aveva sempre avuto poco interessamento verso il marito e le figlie dovuto, sicuramente, a che si sentiva molto legata alla propria madre. Lei non aveva mai potuto avere contatti fisici con i suoi genitori: era tabù. Ritorna al sogno: lei prende tra le sue braccia sua madre, ma è contro la sua volontà; perciò deve tranquilizzarla e si va risvegliando. Mentre mi racconta tutto questo le appare una visione di una bambina tutta in bianco, terrorizzata origliando dietro una porta.
Qualche tempo dopo inizia la seduta dicendo che aveva letto disprezzo nel mio sguardo quando a andai per riceverla nella sala di aspetto. Associa con due cave, una come mondezzaio e l’altra ridotta a una pozzanghera. Questo le fa pensare nella mancanza di spazio in casa dei suoi, dove stavano uno sull’altro. Intervengo dicendo: “Due cave (‘carriére’ in francese è sinonimo di carriera come professione), due professioni che si sovrappongono. Penso nell’amalgama di cui lei mi parlò, quando riprese le sedute, tra il chirurgo-ginecologo e me”. Mi risponde dicendo che non è il caso, ma che la cava con acqua le fa pensare la nascita.

Questo momento di lavoro “doppio” mi aveva permesso di mettermi in contatto con segni traumatici precoci nella mia paziente risvegliati dalla situazione analitica, attivate dalla sua gravidanza, necrobiosi e isterettomia. Le associazioni con sua madre ci suggeriscono che questi segni sarebbero, come dicono i Botella, “il non rappresentabile della sua assenza nello sguardo di sua madre, nella sua impossibilità per rappresentarsi non investita dall’oggetto del desiderio”. Questa ipotesi si rafforzerà nella mia mente quando ricorderà più avanti una scena di un sogno della sua infanzia in cui sua madre inseguiva alla sua propria madre (la nonna del sogno) correndo attorno un letto gridandole: ‘Guardami, mamma!’. Questo non rappresentabile, “fondamento negativo di qualsiasi trauma infantile” (Botella) sarebbe quello del “lutto bianco” (la bambina del sogno che spia da dietro la porta) del quale Andrè Green ha elaborato la metapsicologia ne “La madre morta”. E’ proprio questa ‘madre morta’ che lei doveva far rivivere prendendola tra le sue braccia. Il trauma precoce bianco era naturalmente il responsabile, data la sua riverberazione sugli ultimi avvenimenti. Il mio movimento regressivo formale di pensiero deve essere stato provocato dall’impatto, in identità di percezione, con vuoti del suo funzionamento psichico. Si tratta, come dice Michel Ody, “non di un deficit, ma di una sovraccarica di energia ad alta condensazione, qualcosa di abbagliante, non raffigurabile”. Questo contatto aveva provocato in me un richiamo alla raffigurabilità nel caso della cesta del pescatore e nel caso della testa di uomo sanguinolenta: un lungo lavoro di raffigurabilità per via regressiva lunga, tipo sogno/realizzazione di desieri.
Il mio lavoro di raffigurabilità sarà diverso di quello della mia paziente –la parte dei due sogni delle nonne. Uno degli effetti di questo sviluppo psichico che la inuce a dire qualche tempo più tardi che non è più un’amalgama, sarà la nascita di uno spazio potenziale, di un sentimento di nascita alla rappresentazione? Come quando parla della cava che le ricorda una nascita?
Questo lavoro “in doppio” avrebbe costituito un momento di “creazione di un campo transizionale che esige che l’analista possa essere raggiunto dallo sguardo del paziente, perché costui possa invertire quello che lui stesso può essere raggiunto dall’analista stesso” (Green). In questo caso non si tratta di una percezione visiva esterna, al dispositivo vis à vis, ma di una percezione implicante lo sguardo interno. Intanto, le capacità di regressione formale dell’analista nella seduta, testimoniano di una plasticità acquisita durante la propria analisi dovuto alla “interiorizzazione da parte ell’analista del quadro analitico”(Green).

Da parte sua, Michel De M’Uzan, ha lavorato molto sulla “chimera”, matrice psichica profonda che ha potuto abbordare in uno stato allucinatorio dove, all’analista, appaiono immagini e parole bizzarre che permettono di fare interpretazioni, per lui, sorprendenti. E’ un lavoro sul paradosso che utilizza zone psichiche profonde dell’analista, ma senza che costui si riveli mai come soggetto. Non siamo d’accordo, è naturale, con la corrente dei “rapporti intersoggettivi” che propone lo svelamento dell’intimità dell’analista.
Joyce Mac Dougall in “Le Thèatre du jeu” e nel “L’antianalysant”, lavora anche lei su certe zone limite della psiche ove il linguaggio non c’è ancora, ma dove la sessualità infantile prende tutta la sua dimensione e può essere comunicata. L’ascolto controtransferale di questa comunicazione primitiva del paziente, dice nel “L’antianalysant”, gli permette di affrontare tutti questi casi altrimenti impossibili da analizzare.
Anrè Green, da parte sua, a partire dalla negatività che innonda il controtransfert dell’analista e la sofferenza che l’accompagna, ha aperto delle strade in relazione a tutte le dimensioni pazienti del negativo in psicoanalisi. Negativo che parte dall’assenza (Madre morta) di rappresentazione d’oggetto, di allucinazioni senza oggetto (allucinazioni negative) e di rifiuto verso il pensiero da parte di alcuni pazienti. Messa in prospettiva di un lavoro sul negativo che permette di capire gli ‘stati limite’, nuovi analizzandi lontani dalla nevrosi classica. Spingendo più in là i concetti di Freud sul negativo e sulla psicosomatica.
D’altronde, la “Scuola Francese di Psicosomatica” ha teorizzato il negativo proiettato nel soma. L’analista di questo tipo di pazienti metterà il suo preconscio a disposizione del paziente per aiutarlo a elaborare una depressione essenziale e un suo rifiuto al funzionamento psichico, che spesso è la causa della malattia stessa.
Ecco allora alcune idee della scuola francese odierna, molto condensate nella nostra esposizione perché un loro sviluppo sarebbe troppo lungo; non possiamo che aprire alcune porte che servirebbero, lo speriamo, a stabilire un dialogo tra di noi.
Vogliamo anche presentare un materiale clinico per poter avere uno scambio a livello della tecnica, a rappresentare come noi utilizziamo concretamente durante una seduta l’interpretazione del transfert, o più in generale, come seguiamo un paziente nel trascorso di una seduta.

Diana Goldin.
Jacques Bouhsira.

Venezia, febbraio 2002.